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Les loups et les hommes : ça ne matche pas toujours !

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Les loups ne sont toujours pas les bienvenus

 

Il semblerait qu'il y ait actuellement en France environ 500 loups répartis sur une trentaine de départements. Voilà qui réjouit assurément les écologistes mais le son de cloche est différent du côté des éleveurs.

 

Le plus inquiétant, au moins pour les bergers, est que cette population ne cesse de croître depuis qu'elle a fait sa réapparition en novembre 1992 dans le Parc National du Mercantour.

 

Le loup est une espèce craintive, mais depuis des siècles on lui fait endosser le mauvais rôle : celui de mangeur d'hommes. Or, en général, les loups fuient l'homme.
Un site spécialisé sur le sujet recense 6.000 victimes entre la fin du XVème siècle et le début du XXème soit, en moyenne, 15 victimes/an. Et ces attaques ont été essentiellement l’œuvre de bêtes enragées.

 

Les contes n'ont pas arrangé la réputation de ces canidés : Pierre et le Loup, Le petit Chaperon Rouge, les 3 petits cochons, ...

 

La Persécution

Tout commence par ... l'homme. Au fur et à mesure que ce dernier étend son territoire, celui des loups se restreint.
Le gibier se faisant plus rare dans les forêts, puisque chassé par l'humain qui s'en délecte, les loups sont contraints de se rabattre sur d'autres proies. Ils choisissent de préférence des animaux isolés, faibles et lents ... ce qui se trouve régulièrement au sein d'un troupeau.

 

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La chèvre de M. Seguin.

 

C'est ainsi que l'homme et le loup sont entrés en conflit pour plusieurs siècles.

 

Pourtant, les choses n'avaient pas trop mal débuté puisqu'il y a 10 à 15.000 ans certains d'entre eux avaient été domestiqués pour finir par devenir nos chiens, les fameux Canis lupus familiaris.
De plus, à l'origine, le loup était le mammifère le plus répandu de l'hémisphère Nord d'autant qu'il pouvait s'y adapter partout (dans les forêts, les plaines et les montagnes des zones tempérées mais également dans les déserts chauds ou dans les régions polaires du Grand Nord).

 

Mais au Moyen-Age, le vent a tourné. Le manichéisme catholique - le Bien versus le Mal - s'étend aux animaux de la forêt. Inutile de vous préciser dans quelle catégorie a été ventilé le loup !

 

De grandes battues ont alors été organisées et l'empereur Charlemagne créé, en l'an 813, un corps spécial de chasseurs de loups : la Louveterie.
A partir de là, l'issue du combat ne laissait guère place au suspens et durant plusieurs siècles cette persécution allait se continuer tant en Europe qu'en Amérique du Nord.

 

Aux États-Unis la population passe de 400.000 loups au 18ème siècle à 1.000 en 1970 ! Pas mieux en Russie1,5 million de bêtes sont abattues entre 1925 et 1992. En France, on est sur le même credo puisqu'une loi autorise même à tuer 1.300 loups en 1883, puis des centaines chaque année jusqu'en 1902.

 

Après de tels massacres, l'animal a commencé à se faire rare, voire très rare.... et même totalement absent par endroits ! En 1930, il n'y avait officiellement plus aucun loup sur le territoire français.

 

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Plus de loup en France en 1930 !
La réglementation

Pour protéger cette espèce menacée d'extinction il a fallu réglementer. C'est la Convention de Berne de 1979 qui s'en est chargé avec pour objectif de mettre fin au déclin de la population des loups. Puis cette Convention a été suivie de la recommandation n°17 de l'Union Européenne en 1989. Et pour parachever le tout, c'est en 1990, que la Convention de Berne a classé le loup dans la catégorie des espèces protégées.

 

En juin 2018, le gouvernement français a annoncé une refonte du dispositif de gestion du loup (via son Plan Loup), visant à assurer la viabilité de l'espèce en France tout en protégeant mieux les troupeaux et les éleveurs.

 

Le point 5 de ce Plan Loup se rapportant à l'abattage des animaux stipule "Depuis 2016, afin de fixer le plafond prévoyant le nombre de loups dont la destruction est autorisée sur le territoire national, une approche adaptative est utilisée. Pour 2017-2018, l’ « arrêté plafond » interministériel a été pris le 18 juillet 2017 : le plafond est fixé à 40 spécimens (de plus une interdiction des tirs de prélèvement est effective à partir de la destruction de 32 spécimens)". Mais face à l'accroissement plus rapide que prévu du nombre de loups la limite d'abattage pour 2019 à été remontée de 40 à 80 bêtes.

 

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Les loups se font de plus en plus nombreux dans l'Hexagone, mais cela entraîne également une hausse du nombre d'attaques contre les animaux d'élevage. Il y en aurait eu 2.800 pour la seule année 2018. Voilà qui va à nouveau raviver les tensions de cohabitation entre les loups et les hommes et entre les écologistes et les éleveurs.
Assez curieusement, ces tensions sont beaucoup moins perceptibles en Espagne, Italie ou dans les Balkans alors que la problématique est similaire avec, peut-être, une petite nuance qui explique bien des choses : entre 1930 et 1992, la France n'avait plus de loups sur son territoire et pouvait mener ses activités pastorales sans soucis. Il nous faudra donc réapprendre, à l'instar de nos voisins, à vivre ensemble. Facile à dire mais pas simple à mettre en musique.

 

Pour en savoir plus :

 



18/06/2019
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