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Tentative de décryptage.... des cryptos-monnaies

Crypto.PNGDepuis quelques temps je m'intéresse au fonctionnement des crypto-monnaies et j'ai voulu rassembler ce que j'ai appris dans un seul document. Aujourd'hui je vous livre ce texte en espérant qu'il vous permettra d'y voir un peu plus clair dans ce phénomène. Évidemment, j'accepte toutes les critiques... à condition qu'elles soient constructives :)

 

Genèse : Pourquoi les cryptos ?

 

Initialement les monnaies étaient des objets : Le sel (qui a donné naissance au mot salaire), l'or, les coquillages, les pierres Rai de l'île de Yap, ...
Ensuite est apparue la monnaie-fiat : la confiance est garantie par une autorité (empereur, Etat,...) qui au fil du temps se "dématérialisera" en étant représentée par des bons papier prouvant que vous détenez la valeur, ce qui donnera naissance aux billets de banque (monnaie fiduciaire = billets de banques et pièces de monnaie). La phase suivante a consisté à mettre en place la monnaie scripturale... qui est une monnaie "électronique".
La monnaie dépend donc d’une autorité légale : Principalement l’Etat et le système bancaire.
Mais une évolution importante s’est faite jour suite à la crise financière qui est apparue en 2008. Cette crise – qui a notamment conduit à la faillite de Lehman Brothers (le 15/09/2008) - a remis en cause la confiance envers les Etats, les banques, les monnaies.

Un vent libertaire s’est alors fait sentir et c’est dans ce contexte que Satoshi Nakamoto (dont on ignore toujours l'identité réelle) a publié un livre blanc (white paper) dans lequel il détaille le mécanisme d'une monnaie numérique bénéficiant de cryptographie appliquée et qui fonctionne sans banque --> c'est le bitcoin (BTC). Cette monnaie – qui verra sa première transaction le 03/01/2009 - n'appartient à aucun pays, aucun gouvernement, aucune banque. Pour faire fonctionner cette crypto-monnaie Satoshi Nakamoto a inventé un protocole informatique : la Blockchain.
Cette dernière est une innovation majeure basée sur un registre distribué, visible de tous, crypté et immuable. On s’interroge toujours quant à savoir si cette technologie pourra révolutionner de multiples champs économiques et sociaux en se substituant aux tiers de confiance : notaires, banques, cadastre, mais aussi plateforme d’intermédiation (AirBnB, Uber).
Depuis, de nombreuses crypto-monnaies, ont été créées Ether, Ripple, Bitcoin cash, Cardano, Litecoin, Stellar…. Il en existe (au 13/02/18) 1.528 pour une valorisation de 339 milliards de dollars.

 

Comment acquérir des cryptos-currency ?

 

Pour obtenir des crypto-monnaies vous avez plusieurs possibilités :

 

  • Les fabriquer soi-même par l’opération du minage complexe pour un non initié. Les mineurs sont ceux qui certifient et sécurisent les échanges, ils sont rémunérés par la création de nouveaux tokens. Le cloud mining (minage dans le cloud) vous permet via un contrat de minage de louer de la puissance de calcul fournie par une société dîtes de minage, et qui vous permet ainsi de miner des crypto-monnaies à l’aide d’un simple navigateur web et d’une connexion internet.

  • Via un faucet : site internet qui récompense les gens en leur donnant des fragments de crypto en échange d’actions ou de simples tâches.

  • Airdrop : méthode qui va vous permettre d’obtenir des crypto-monnaies gratuitement. L’airdrop est une méthode de distribution gratuite de crypto-monnaies à tous ceux qui se donneront la peine de s’inscrire et de fournir l’adresse de leur wallet.

  • Les acheter sur une plateforme d’achat et de revente présente sur le Web (Poloniex, Coinbase, Kraken, Bittrex, Paymium,…)

  • Les obtenir lors d’ICO (Initial Coin Offering) : assez semblable aux IPO (Initial Public Offering = introductions en Bourse), financement à mi-chemin entre la levée de fonds et le financement participatif. Attention aux très, très nombreuses arnaques...

  • Se rendre à la maison du bitcoin (dans le quartier du Sentier à Paris)

 

Conseils pour débuter :

 

A ne jamais oublier : Marché à haut risque connaissant des fluctuations très sensibles tant à la hausse qu'à la baisse. L’AMF ne recommande pas d’investir dessus.

  • Ne jouer que ce que l’on peut se permettre de perdre.
  • Jouer petit au départ pour s’approprier le fonctionnement global et bien se rôder aux opérations d'achat, vente, arbitrage
  • Ne jouer que sur les 10 ou 15 premières cryptos --> coinmarketcap.com
  • Consulter les forums ou sites spécialisés tels Cryptofr.com. Il faut beaucoup se renseigner sur les projets, l’historique, les développements futurs, les évolutions qu’a connu le cours avant de se lancer sur tel ou tel coin.

Mais il y a des avantages procurés par les cryptomonnaies : meilleure protection de la vie privée, particulièrement dans les régimes autoritaires ; diminution des coûts de virements internationaux pour les populations démunies ; surtout, révolution technique en matière de paiement.

 

Comment conserver les cryptos ?

 

  • Sur les plateforme d’exchanges ... mais souvent piratées (Mt.Gox, Poloniex, GateCoin, Bitfinex et récemment Coincheck). Marchés ouverts 24h/24 et 7j/7
  • Wallet électronique : Exemple MyEtherWallet ou Mist. Création d’un portefeuille dont la clé privée est conservée sur support numérique
  • Wallet papier : idem que précédemment mais la clef privée est conservée sur papier
  • Hardware Wallet : dispositif de portefeuille matériel déconnecté d'internet --> Nano ledger S (du français Ledger) ou le Trezor wallet du Tchèque Trezor.

 

Fiscalité des cryptos :

 

Les règles en matière de fiscalité sur les plus-values en crypto-actifs (aussi appelés cryptomonnaies) sont aujourd’hui, dans la majorité des cas :

  • Sujettes à interprétation
  • Confuses
  • Trop complexes pour le public concerné
  • Confiscatoires
    En matière de fiscalité, l’administration fiscale a adopté en 2014 une doctrine selon laquelle les revenus liés aux crypto-actifs relèvent d’une activité issue d’un travail, à laquelle est appliquée selon le cas une imposition au titre du Bénéfice Non Commercial (BNC) ou du Bénéfice Industriel et Commercial (BIC). Les plus-values réalisées en crypto-actifs (la Banque de France refuse l'appellation de cryptomonnaie) s’ajoutent donc aux autres revenus dans le barème progressif, en plus d’être taxées des prélèvements sociaux. Cela peut induire, dans de nombreux cas, un taux outrageusement élevé (voire confiscatoire) de 62,2%, sans tenir compte de la Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus. Le taux de 62,2% est le taux maximal applicable sur le montant dépassant 153k€ par part, l'impôt est progressif. Pour la contribution hauts revenus, il y a une mécanique d'adoucissement sous certains critères.
    S’agissant d’actifs spéculatifs (le champ politique et les médias généralistes sont là pour nous le rappeler), il serait bien plus logique et juste qu’on applique aux plus-values réalisées sur ceux-ci le prélèvement forfaitaire unique (PFU, appelé aussi Flat Tax) de 30%.
    Ceci étant l’essentiel est de savoir qu’une fiscalité existe et qu'elle est en chantier et que les conseillers bancaires peuvent venir en appui d'une réflexion patrimoniale pour les gains.

 

Les événements majeurs sur les cryptos :

 

  • 11 décembre 2017 : 1ère cotation du bitcoin sur le Chicago Board Options Exchange (le bitcoin a augmenté de plus de 1.000 dollars après le lancement des premiers contrats à terme)
  • 2017 : interdiction par la Chine de procéder à des ICO sur son territoire
  • Janvier 2018 : Piratage de la plateforme d’échanges Japonaise Coincheck (piratage de quelques 530 millions de dollars en NEM)
  • Février 2018 : Les autorités chinoises ont bloqué l’accès aux plateformes d’échange. Les autorités chinoises ont également dans le collimateur les mines à bitcoin. Avec près de 75% des capacités de calcul localisées dans ce pays, une fermeture brutale de ces fermes de mining ne serait pas sans conséquences sur l’évolution du cours.
  • Avril 2018 : Examen au prochain G20 pour une éventuelle régulation (mission confiée par B. Le Maire à Jean-Pierre Landau).

 

Conclusion :

 

A l’heure actuelle les cryptos ne sont pas vraiment adaptées à un usage dans la vie courante à cause de leur volatilité. A ce propos sur internet circule cette petite blague qui résume assez bien la situation :
C’est un monsieur qui veut acheter un objet dans un magasin. Il va à la caisse, on lui demande 0.1 BTC. Il rentre sa carte et le temps que la transaction soit validée, la caissière lui rend finalement 10 €. Le client sort du magasin, et la sécurité le rattrape : il doit 30€ !!



17/02/2018
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