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Contre les moustiques, le remède pourrait être pire que le mal.

Anti moustique.PNGFace à la progression des maladies propagées par les moustiques (chikungunya, dengue, fièvre jaune et tout récemment Zika), la tentation est grande de partir en guerre totale contre ces derniers... parfois au mépris de toute prudence.
Le problème est que cette menace épidémique surgit alors que les limites des solutions chimiques actuelles sont avérées, mais que les solutions biologiques ne sont, elles, pas vraiment prêtes.
En Caroline du Sud, l'épandage par avion d'un insecticide, le Naled, contre la menace Zika, a ainsi décimé les abeilles, et probablement gravement touché insectes sauvages, oiseaux et poissons, tandis qu'un impact sur la santé humaine est à craindre (le produit est interdit en Europe). Il est très difficile de savoir, pour l'instant, l'effet de ces actions sur Zika (jusqu'ici quasi absent de Caroline du Sud, avec 43 cas importés). Mais il serait tragique qu'aux éventuelles malformations provoquées par le virus sur les futurs bébés s'en ajoutent d'autres, dues aux pesticides, dont certains franchissent la barrière placentaire !
Quant aux solutions biotechnologiques, elles sont nombreuses : moustiques infectés par une bactérie, ou génétiquement modifiés pour avoir une descendance stérile, ou dotés de "gene drives", des dispositifs génétiques surpuissants potentiellement capables de faire disparaître l'espèce qui les porte. Mais beaucoup de ces outils, notamment ces derniers, sont loin d'être prêts pour un usage dans la nature.
Les agences sanitaires doivent, dans ce contexte, garder la tête froide et lutter contre les maladies sans pratiquer la terre brûlée, en attendant de nouvelles avancées de la recherche.



12/12/2016
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